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Journal of Law and Social Policy

Keywords

Refugees -- Canada; Right of asylum -- Canada; Race discrimination -- Canada; Rhetoric -- Canada

Document Type

Article

French Abstract

Des "mythes nationaux" permettent aux membres d'une nation de se considérer comme membres d'une communauté. Le "mythe national" du Canada se repose grandement sur l'idée que les peuples d'origine européenne sont les "premiers citoyens" du pays et qu'on doit à ces derniers une grande part de son développement. Jouant ce rôle de premier citoyen dans une histoire qui exige le reniement des peuples autochtones et des peuples de couleur, qui ont également contribué à la construction du pays, les Canadiens d'origine européenne en sont venus à représenter l'idée de citoyen. Cette "histoire officielle" est de toute évidence une histoire raciale, représentant les Canadiens d'origine européenne comme ayant droit aux fruits de la citoyenneté, tandis que tous les autres sont considérés comme "extérieurs" à la nation. Dans cet article qui étudie la rhétorique et le discours politiques relativement aux réfugiés "sans papiers", l'auteure retrace le mythe national sous-tendant la réforme de l'immigration et, plus particulièrement, les réformes limitant les droits des réfugiés ayant obtenu le droit d'asile. L'auteure analyse l'appui politique accordé aux dispositions portant sur les pièces d'identité d'abord présentées dans le projet de loi C-86, puis dans la création en 1996 de la catégorie des réfugiés au sens de la Convention se trouvant au Canada sans pièces d'identité (RCCSPI). Ces dispositions, qui ont nui notamment aux Canadiens d'origine somalienne, demeurent en vigueur malgré leur manque de logique et leur inconstitutionnalité apparents. L'auteure avance que les arguments proposés pour appuyer les dispositions portant sur l'identité reposent sur le mythe national de Canadiens blancs assiégés et trahis par des gens de couleur qui veulent simplement obtenir ce que les blancs possèdent.

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